Juste parce que ça fait du bien de penser à des bons souvenirs.... Au début, t'es ravie, t'as trouvé un job d'été, tu vas pouvoir te faire un peu de sous, ce sera le bienvenue !
Alors ça y est, t'es engagée O' fourneau comme serveuse, youpiii !
T'as une formation de serveuse ?
Heu ... non.
T'as déja un peu servi dans un resto ?
Heu, non plus.
Dans un bar, peut-être ?
Non.
Tu sais tenir trois assiettes en même temps ?
Nan !
Bon... t'es adroite comme fille ? T'es organisée ? T'as une bonne tête ?
....... ( moue depitée )
C'est pas grave, t'auras qu'à sourire !
Premier jour, tu comprends que les talons compensées, même si t'es comme des chaussons dedans quand tu fais Appartement-Lycee Poincaré, ça va pas le faire pour piétiner, courir et passer l'epreuve du sol de la plonge trempée pendant 10heures par jour. Tant pis, t'en profites pour aller t'acheter des ballerines neuves ( noires ou blanches, parce que c'est la règle ! ). Bin non, même pas parce que t'as pas le temps ( et que en plus t'as commencé un lundi et qu'on est a Saint-Mihiel..). Donc tu squattes les ballerines d'une voisine.
Deuxième jour : Ca va déja mieux avec les ballerines, je ne rentre plus chez moi en marchant en canard, seulement en me tenant le dos comme une femme enceinte. En revanche, t'es crevée parce que tu t'es couchée à 1h, tu t'es levée à 7h ( parce que comme une conne t'avais pris un deuxième job d'été, à savoir tu donnes des cours... génial, je vais être blindée mais je n'aurais même plus la force d'aller dépenser mes sous ! ). Et surtout, parce que t'as rêvé du resto toute la nuit. Tu t'es même levée dans ta chambre, et t'as fais des allers-retours lit-fenêtre en te disant " il faut que je serve, il faut que je serve" - " Attends un peu je me repose 5min" jusqu'à ce que tu te reveilles et que tu comprennes que, c'est bon, la nuit tu peux dormir.
Quelque incidents à noter : frites renversées à moitié sur un Monsieur parce que je n'avais pas la place de poser l'assiette, couverts pour les profiterolles oubliées, fromage du menu à 24euros zappée...
Rien de grave on m'a dit. Par contre ce que j'ai bien compris, c'est quand en cuisine le chef gueule " ALLO SERVICE S'IL VOUS PLAIT" il faut y aller daille-daille ! Bon par contre, on m'a dit que j'étais quand même pas obligée de lâcher tout ce que je tenais pour traverser la salle en courant.
Troisième jour : Cette nuit, pas de ballade nocturne. Juste en me reveillant pour aller aux toilettes, je n'ai pensé qu'à " Il faut des couverts pour les profiterolles !!". J'ai beau apprendre de nouveaux trucs chaque jour, y'en a toujours des nouveaux. Voilà à peine que je sais servir les kirs, les coktails et les petillants, et même l'alcool de poire, qu'on me commande un porto et un get 27 ! Et le vin, quelle aventure ! Déja, on te commande une bouteille, et comme t'y connais rien, tu note vaguement le truc que t'as compris et tu vas demander confirmation en cuisine. Après tu demandes " c'est quoi, du rouge, du blanc, du rosé ?" histoire d'avoir une petite indication de l'endroit où tu vas chercher dans la cave. T'y descend en courant, tu manques d'ailleurs de te ramasser, et là tu cherche pendant 3heures, les mains sur les hanches, où elle peut bien être cette putain de bouteille !!!!! Y'en à partout, ça pue en plus, et tu sais qu'en haut c'est le coup de bourre et qu'ils doivent s'époumonner en cuisine ( "ALLO ALLO ALLO ALLO ALLO ALLO ALLO !!!!"). Enfin tu la trouve, tu remontes, tu gueule à qui veut l'entendre " il est où le bordel pour ouvrir les bouteilles !!!". Ce à quoi on ne te repond jamais, en revanche on te dit " ça s'apelle un limonadier". Dans ta tête, tu te dis que tu t'en fous que tu veux juste le trouver !! Enfin tu le retrouve oublié derrière les moutardiers sur le bar ( encore une aventure les moutardiers... il faut les refaire tous les jours, en mettant de la moutarde dans un minuscule pot, avec une grosse cuillère, sans toucher les bords !! Les conneries... bref. ) et tu fonces vers ta table. Ah non merde, j'ai oublié le sceau, t'y retourne, tu le remplis d'eau et de glaçon, t'attrape un torchon epais ( "On dit un Liteau !") et t'y retourne. Là, grand sourire au client, interieurement c'est la panique, il faut l'ouvrir. T'essaye d'abord de couper la putain de capsule, ça se termine que tu la dechiquette par petits bouts. Ensuite, on enfonce le tire-bouchon, à moitié de travers, sous l'oeil inquiet du client, " vous voulez que je vous aide?". Ensuite, c'est le moment fatidique, il faut tirer. Dès fois ça passe, et des fois on regrette vraiment d'avoir du flan dans les bras. " Je vous fais goûter ?", les gouttes de sureurs perlant sur mon front après tant de stress. Et là s'il me dit qu'il est bouchonné, je le dégomme.
Quatrième jour : Ca y est, tu maitrises la pratique. Tous les jour, ecrire le menu du jour, aspirateur, faire les toilettes, laver le sol, faire le plateau de fromage et les moutardiers, faires les carreaux, prendre les commande par téléphone. Ouais sauf que dès fois tu te plantes, tu prends une reservation pour le mauvais jour, les gens se pointent, on est samedi, tout est blindé. Génial... En plus le chef bougonne parce qu'il y a une table de 11 et qu'ils mettent 3 jours à se décider pour la commande, et qu'en plus ils prennent pas d'entrée donc il vaut devoir se depêcher. Toi t'as une foulour au poignet à force d'essayer ces putains de verres ( mais qu'est ce qu'ils boivent ! ) et d'ailleurs t'en a déja cassé deux, tandis que ta collègue a de la sauce plein le chemisier à force de faire la plonge ( Mais qu'est ce qu'ils bouffent ! ). T'as aussi un claquage au mollet, les oreilles en charpilles à force qu'on te houspille dessus ( service ! service ! allo ! ) et en plus t'as les zygomatique en compote, parce qu'avec toutes les conneries que tu fais, t'as interêt de sourire. En plus on te donne un jour de congé, on te préviens le matin même, le jour ne t'arrange pas du tout, et en plus il fait moche le jour là, et t'as pleins de devoirs à faire.
Conclusion : C'est un vrai metier le service ! Et c'est plus difficile que ce que je ne pensais.
Conclusion 2 : Au resto avec les namis, fini de decorer les verres, fini de demander sans arrêt des cruches d'eau, fini de commander des plats en direct, fini de payer séparément, et fini de ne âs laisser de pourboire !